Boris Garanger
J'allais enfin pouvoir vivre à visage découvert



Les personnages traités ici sont plus que le symbole d’une époque, c’est celui d’une identité collective, celui d’une actualité prégnante et du règne de l’anonymat. Dans cette exposition, les migrants sont à l’honneur ! Ils sont exposés, suggérés, cachés.
À travers le portrait, l’exposition se concentre sur l’identité individuelle. A la manière de la photo d’identité, certains visages font face à l’objectif. Les visages semblent être recensés, répertoriés. Lorsque le spectateur suit la déambulation, la narration proposée lors de cet accrochage, il se rend compte que les visages fuient celui qui le regarde.
« Ce ballet des vêtements – camisoles ou protections? – parlent de contraintes, de privations de liberté aussi bien que d’efforts solidaires pour espérer des lendemains meilleurs. Une certaine agressivité pointe dans l’intensité de ces fantômes au dos voûté sous leurs sweats, en même temps qu’une compassion ardente anime le pinceau du peintre dans des couleurs plutôt froides, parfois dégoulinantes, sublimées par quelques éclairs acidulés. Mais chez Boris Garanger, plutôt que de théâtralité, il faut parler de danse urbaine, car chez lui, il n’y a pas de travestissement.
Quelle force un groupe a-t-il réellement dans la société? Quelle puissance peut atteindre le geste collectif, que signifie «faire bloc» ? Voilà ce qu’interroge l’artiste dans ses peintures, alors que notre société hyper-individualisée voudrait cacher les minorités.
Les images sont inspirées de celles qu’on a tous vues, à la télévision ou dans les journaux, photographies de presse dont la répétition visuelle se mue presqu’en absurdité. Le jeune peintre fait de ces anonymisations son sujet central, leur redonnant une dignité, une densité. »
Né en 1985, Boris Garanger étudie peinture et sculpture dans différentes écoles de Beaux-Arts à Lorient, Rennes, Bruxelles. Puis il décide de voyager, de découvrir le monde, s’imprégner de cultures inconnues qui vont nourrir sa création. Il part pour Madagascar et l’Île Maurice puis ce seront l’Europe et les Etats-Unis. C’est en grands formats qu’il s’exprime, ils lui permettent de révéler au mieux ses sentiments, sa réflexion et de pratiquer la fusion figuratif/abstrait. Ces œuvres fortement construites, comme en relief, très contemporaines sont les témoins du quotidien, du monde rude qui est le nôtre.
Dans le cadre d’Au temps pour nous ! #4
exposition
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du 24 mars 2025
au 4 avril 2025
Théâtre des Ursulines
Exposition visible les soirs de représentation et sur rendez-vous pour les groupes.